De quoi a-t-on besoin pour faciliter la planification de la main-d’œuvre en santé partout au Canada? Que ce soit à l’échelle d’une province, d’un territoire, d’une communauté ou d’un hôpital, une base de données solide est essentielle. En outre, le fait de rendre les données sur la main-d’œuvre en santé plus exhaustives, coordonnées et connectées à l’échelle du pays favorise une prise de décision plus cohérente et fondée sur des données probantes.
La nouvelle Stratégie pancanadienne de données sur la main-d’œuvre en santé constitue une étape vers cet objectif. Élaborée en collaboration avec des partenaires, elle permettra une meilleure planification de la main-d’œuvre en santé et des politiques plus réactives et, en fin de compte, contribuera à l’amélioration des résultats en matière de santé pour l’ensemble de la population canadienne.
Au cœur de la stratégie figurent cinq résultats communs qui définissent ce à quoi ressemble le succès. Des recommandations préconisent des actions pratiques et progressives pour soutenir les progrès vers les résultats communs. Vous trouverez ci-dessous un examen plus détaillé de ces résultats et de leur importance pour relever les défis liés aux données sur la main-d’œuvre en santé.
1. Données de haute qualité axées sur l’équité pour appuyer la prise de décision.
Ce résultat commun vise à garantir que les données soutiennent la prise de décision d’une manière qui tient compte des différences entre les populations, en aidant à planifier de manière plus appropriée la main-d’œuvre en santé afin de répondre aux besoins de la population et du système de santé. Quelques points clés :
- L’amélioration de l’exhaustivité, de l’actualité et de l’accessibilité des données est essentielle pour atteindre ce résultat commun, et des normes communes en matière de données constituent un élément facilitateur clé.
- Il est tout aussi important de pouvoir lier les données sur la main-d’œuvre en santé provenant de différentes sources, dans le respect de la vie privée, et, lorsque l’on travaille avec des partenaires autochtones, d’utiliser une approche fondée sur les distinctions afin de brosser un tableau plus complet et de et de les relier aux résultats en matière de soins. Des données exhaustives comprennent davantage que le simple dénombrement des effectifs et permettent de cerner les pressions existantes et les domaines dans lesquels des investissements sont nécessaires.
- L’adoption d’une approche « collecte unique, utilisations multiples » permet de réduire les doublons et d’améliorer l’intégration.
2. Partenariats avec des organismes des Premières Nations, des Inuits et des Métis.
Ce résultat commun est centré sur l’établissement et la promotion de partenariats et de mécanismes fondés sur les distinctions et dirigés par les Autochtones, afin d’assurer la gouvernance, la direction et la supervision de la collecte, du partage, de la protection et de l’utilisation des données sur la main-d’œuvre en santé des Premières Nations, des Inuits et des Métis d’une manière qui répond à leurs besoins prioritaires, appuie la sécurité culturelle et respecte les droits à la souveraineté des données autochtones.
La souveraineté des données autochtones – reconnue comme un droit inhérent ancré dans l’autodétermination – est une condition nécessaire pour restaurer la confiance, assurer la responsabilisation et permettre aux peuples des Premières Nations, Inuit et Métis de gouverner les données de façons qui soutiennent leurs priorités en santé et leur sécurité culturelle. Ce résultat commun reconnaît les préjudices historiques et actuels causés par les pratiques coloniales en matière de données, ainsi que le rôle essentiel de la gouvernance autochtone pour remédier à ces préjudices.
Toute recommandation visant à faire progresser les données sur la main-d’œuvre en santé autochtone sera formulée en collaboration avec des organismes et partenaires des Premières Nations, des Inuits et des Métis, reconnaissant les disparités importantes et persistantes dans les résultats de santé entre les peuples autochtones et la population non autochtone et le rôle crucial des données sur la main-d’œuvre en santé dirigées par des Autochtones et culturellement appropriées dans la lutte contre ces iniquités. Ce travail sera effectué dans le respect et l’application des processus établis de gouvernance des données autochtones le cas échéant, dans le cadre du processus évolutif de la stratégie de données.
3. Flux de données efficace et interopérable.
Axé sur l’optimisation de l’efficacité du flux de données sur la main-d’œuvre en santé, la réduction du fardeau et du coût de production de rapports, l’amélioration de la rapidité des données et l’utilisation secondaire de données là où c’est possible.
Le Canada ne manque pas de données sur la main-d’œuvre en santé. Cependant, celles-ci sont fragmentées entre de nombreuses sources et administrations, et elles ne sont pas interopérables entre les responsables des données et les utilisatrices et utilisateurs de données, ce qui nuit à leur actualité et à la connectivité des données. L’adoption de normes communes pour le Canada permettrait d’obtenir des flux de données qui soutiennent l’analytique en temps réel et une planification adaptée aux besoins.
En février 2026, le gouvernement du Canada a présenté la Loi visant un système de soins de santé connecté au Canada (projet de loi S-5) qui a pour but de renforcer l’échange sécurisé et interopérable des données médicales dans tous les systèmes de santé. La Stratégie pancanadienne de données sur la main-d’œuvre en santé appuie l’avancement continu des initiatives de Soins connectés et reconnaît le rôle que pourrait jouer le projet de loi S-5 dans la mise en place d’un système de données interopérables sur la main-d’œuvre en santé.
4. Renforcement de l’offre de la main-d’œuvre nationale au moyen de données sur l’éducation.
Améliorer la manière dont les données relatives à la formation dans les professions de la santé sont partagées, reliées et utilisées entre les sources pertinentes, afin de soutenir une vision plus complète des parcours des professionnelles et professionnels de la santé, de la formation à la pratique. Il vise une utilisation des données plus coordonnée, connectée et respectueuse de la vie privée afin de renforcer le bassin de main-d’œuvre en santé à l’échelle du pays.
À l’heure actuelle, le manque d’uniformité et d’information concernant l’éducation et la formation au Canada compliquent la tâche des responsables de la planification au sens large, qui peinent à créer un bassin de travailleuses et travailleurs de la santé formés au pays, capable de répondre aux besoins actuels et futurs de la population canadienne. Cela implique de prévoir une marge de manœuvre pour plus de flexibilité, des modèles de soins évolutifs et la capacité de répondre aux crises.
La Stratégie pancanadienne de données sur la main-d’œuvre en santé encourage l’établissement de relations et de passerelles entre les secteurs de la santé et de l’éducation comme première étape du renforcement des structures de gouvernance. Au fur et à mesure de la multiplication des liens entre les données de nombreuses sources, il sera également important de veiller à ce que toute nouvelle approche respecte la vie privée et reste cohérente avec les cadres législatifs et réglementaires existants.
5. Amélioration des données sur les professionnelles et professionnels de la santé formés à l’étranger.
Ce dernier résultat vise à permettre le partage, l’intégration et l’accès aux données entre des sources pertinentes pour renforcer les parcours migratoires pour les professionnelles et professionnels de la santé et veiller à ce qu’ils puissent exercer à la pleine mesure de leur champ de pratique et de leur niveau de formation au Canada.
Les professionnelles et professionnels de la santé formés à l’étranger (PSFE) constituent depuis de nombreuses années une composante clé de la main-d’œuvre en santé du Canada, exerçant dans de nombreux rôles et représentant une proportion considérable de l’effectif. Bien que la pandémie de COVID‑19 ait mis en lumière leurs contributions et amené les provinces et territoires à compter sur des PSFE nouvellement arrivés et déjà établis, ces efforts s’inscrivaient dans des démarches déjà en cours et ne marquaient pas un changement de politique.
Il existe une grande quantité de données sur les PSFE, mais les sources demeurent incomplètes et cloisonnées, ce qui complique le couplage des données et le suivi des personnes au fil du temps. Plusieurs études ont exploité les données existantes pour documenter le parcours des PSFE, mais l’accès aux données exige du temps, des compétences en recherche et l’intégration de sources multiples. Même alors, il n’est pas possible d’obtenir un portrait complet. À l’instar de l’interface entre l’éducation et la santé, celle entre l’immigration et la santé est, elle aussi, complexe, car elle comporte des enjeux liés à l’accès aux permis d’exercice, à l’intégration dans la société canadienne, aux efforts de maintien en poste et aux pratiques de recrutement éthiques.
La suite
À mesure que nous avancerons, Effectif de la santé Canada continuera de travailler avec des partenaires dans l’ensemble du système de santé pour diriger et coordonner les efforts visant à s’assurer que la stratégie en matière de données demeure pertinente, continue d’évoluer et répond aux besoins émergents. L’apprentissage continu et le retour d’information seront importants dans ce processus. Les partenaires auront l’occasion de partager des idées, des défis et des priorités émergentes par le biais de mécanismes simplifiés afin d’aider à identifier les domaines où un soutien, de nouvelles approches ou des actions supplémentaires sont nécessaires, en veillant à ce que la stratégie de données reste inclusive et efficace.
Dans le cadre de cette prochaine phase, une approche de suivi de la mise en œuvre sera établie afin de suivre les progrès réalisés sur les recommandations de la stratégie et de regrouper des enseignements pour éclairer les prochaines étapes et les priorités futures.
Ensemble, cette approche permettra de maintenir la stratégie de données comme une ressource vivante qui évolue avec les besoins du système de santé, les avancées technologiques, y compris l’IA, ainsi que les pratiques et principes liés à la souveraineté des données autochtones.
Pour en savoir plus sur les cinq résultats partagés et les recommandations associées à chacun, cliquez ici : Pan-Can-Health-Workforce-Data-Strategy_EN_Mar-2026.pdf