
Récemment, je me trouvais à Whitehorse, au Yukon, où nous avons réuni un groupe de personnes venant de partout au Canada afin de nous pencher sur l’un des défis les plus pressants de notre système de santé : renforcer la main-d’œuvre de la santé dans les communautés rurales et éloignées afin d’améliorer l’accès aux soins.
Ce qui m’a le plus frappé, c’est l’ouverture des personnes participantes. Elles étaient sincèrement dévouées envers leur communauté et désireuses d’apprendre les unes des autres, de partager leurs expériences et de bâtir quelque chose de nouveau ensemble. Elles ont écouté attentivement, ont échangé en toute franchise et ont collaboré au-delà des frontières professionnelles, territoriales et provinciales. C’était vraiment inspirant et ça m’a donné bon espoir quant à ce que nous pourrons créer ensemble.
Le message qui est ressorti était clair : les défis sont complexes, communs et grandissants, et aucun organisme, aucune province, ni aucun territoire ne peut les surmonter seul.
Nous avons également entendu parler des remarquables innovations déjà en cours dans les communautés rurales et éloignées. Partout au pays, des communautés trouvent des moyens créatifs de relever les défis liés à la main-d’œuvre. Ces apprentissages peuvent être appliqués plus largement au Canada et même à l’échelle internationale. Le Canada a un réel potentiel pour devenir un chef de file dans ce domaine.
Des pressions communes et des solutions
Les pressions auxquelles sont confrontés les professionnelles et professionnels de santé et les populations partout au pays se font particulièrement sentir dans les communautés rurales et éloignées, où la main-d’œuvre dispose souvent de moins de souplesse pour répondre aux besoins croissants.
Ces défis peuvent différer d’une communauté à l’autre, mais plusieurs sont communs. Pour y répondre, nous devrons apprendre les uns des autres et travailler ensemble.
À Whitehorse, nous avons constaté l’importance d’élargir l’engagement afin de nous assurer de nous concentrer sur les enjeux qui comptent le plus pour les communautés rurales et éloignées : des priorités allant du recrutement et du maintien en poste à la sécurité culturelle, en passant par les champs d’activité et les modèles de soins.
Les personnes participantes ont également souligné la nécessité de s’appuyer sur des solutions qui fonctionnent déjà. Les communautés rurales et éloignées ont mis au point des approches innovantes pour relever bon nombre de ces défis, et nous devrions commencer par en tirer parti et renforcer celles déjà en place.
L’union fait la force
Notre atelier nous a rappelé que la planification de la main-d’œuvre est une démarche collective.
Pour réaliser des progrès, il faut ensemble :
- harmoniser les priorités;
- comprendre les arbitrages;
- apprendre des différents points de vue;
- prendre des décisions coordonnées.
Les données probantes sont importantes, mais même les meilleures informations ne suffiront pas à susciter le changement sans la création de liens, sans confiance et sans une volonté commune d’agir.
Poursuivre sur notre lancée
La discussion à Whitehorse nous a mis sur la bonne voie.
Au cours de l’année à venir, nous travaillerons avec des partenaires, y compris les gouvernements, les employeurs, les organisations inuites, métisses et des Premières Nations, les responsables cliniques et les organisations pancanadiennes, afin de cerner les principaux défis sur lesquels nous concentrer.
Ensemble, nous mettrons en place des mesures visant à soutenir la planification de la main-d’œuvre dans toutes les régions rurales et éloignées du pays, en nous appuyant sur les bases solides déjà établies grâce à l’excellent travail accompli jusqu’à présent.
Travailler ensemble pour passer à l’action
Nous sommes à un tournant.
Maintenant que nous comprenons les défis, la question est de savoir si nous pouvons travailler différemment pour les résoudre.
Pour ce faire, il faut continuer à rassembler les gens de tous les secteurs, de toutes les provinces, de tous les territoires et de toutes les communautés, et s’engager à agir de manière plus coordonnée.
À Effectif de la santé Canada, nous continuerons de favoriser ces échanges et l’établissement des liens nécessaires pour transformer la collaboration en action, tant dans la planification de la main-d’œuvre en milieu rural et éloigné que dans d’autres domaines.
Car une bonne planification de la main-d’œuvre ne consiste pas seulement à produire de meilleures données et informations, elle consiste aussi à rassembler les gens pour prendre des décisions, agir et apporter des changements durables au profit des communautés qui en ont le plus besoin.