Stimuler le changement : Unir le secteur de la main-d’œuvre en santé et celui de l’éducation

Stimuler le changement : Unir le secteur de la main-d’œuvre en santé et celui de l’éducation

HWC Conference Day 2

À l’occasion de l’événement Effectif de la santé Canada Ensemble pour la santé, des personnes responsables de la direction des secteurs de la santé et de l’éducation, de la prise de décisions et de la planification se sont réunies pour discuter de la façon dont le Canada peut mieux faire correspondre la planification de la main-d’œuvre en santé avec sa formation. Pour créer un système dans lequel le lien entre le système d’éducation et la main-d’œuvre en santé est plus étroit de façon à mieux répondre aux besoins de la population, des stratégies claires ont été présentées : un système dans lequel le pont entre la planification de la main-d’œuvre en santé et sa formation favorise davantage de collaboration, un plus grand partage des données et une planification plus approfondie dans toutes les régions du Canada.

Animée par Natalie Damiano, directrice de l’information sur la main-d’œuvre de la santé à l’Institut canadien d’information sur la santé, la séance a permis d’explorer les défis actuels et d’encourager les personnes participantes à réfléchir à ce que pourrait être une harmonisation idéale entre le secteur de la main-d’œuvre en santé et celui de l’éducation. Les panélistes traitant de la planification et de l’éducation ont présenté leurs idées sur leurs défis actuels et leurs besoins pour l’avenir, ont déterminé les pratiques de pointe qui pourraient être étendues et diffusées, et ont sollicité les réflexions des personnes participantes sur les questions clés.

Panélistes : 

  • Jamaica Cass (directrice, Partenariat éducatif Weeneebayko, Université Queen’s) 
  • Krista Clark (directrice générale, Discovery Community College) 
  • Becky Donelon (directrice générale, Direction générale de la stratégie et des politiques relatives au personnel de santé, gouvernement de l’Alberta) 
  • Jennifer Lovering (responsable de la formation en soins infirmiers, Sunnybrook Health Sciences Centre) 
  • Kerry-Lynn Weatherhead (directrice par intérim, Éducation en matière de santé, fonction publique de la Colombie-Britannique) 

Nommer les défis 

Les panélistes ont énuméré les défis actuels et présenté des idées pour renforcer le lien futur entre la planification de la main-d’œuvre en santé, l’éducation et l’emploi, sur les thèmes suivants : 

  • Le pouvoir de la narration 
    Les expériences des professionnelles et professionnels de la santé sur le marché du travail aujourd’hui et les défis auxquels ces personnes sont confrontées – épuisement professionnel, accès limité au mentorat et préparation insuffisante à la pratique – ont une incidence sur la manière dont les jeunes envisagent les carrières dans le domaine de la santé. Ces récits ont suscité des conversations sur la manière dont le secteur de l’éducation, celui de la santé et les employeurs peuvent travailler ensemble pour restaurer l’équilibre. 
  • Les relations humaines seront un atout
    La création de passerelles plus solides entre la main-d’œuvre en santé et l’éducation nécessitera des changements structurels, mais les liens humains changent sont la clé. La réussite dépend des relations entre les éducatrices et éducateurs, les employeurs, les planificatrices et planificateurs, les étudiantes et étudiants, les personnes nouvellement diplômées et une multitude d’autres personnes responsables de veiller à une solide intégration. Le facteur humain doit rester au cœur d’une planification efficace de la main-d’œuvre en santé. La collaboration n’est pas seulement utile, elle est essentielle.
  • L’éducation et la pratique ne semblent toujours pas harmonisées
    Les personnes participant à l’atelier ont dit avoir constaté un écart entre la façon dont les étudiantes et étudiants sont formés et le fait que ceux-ci soient prêts à exercer dans les environnements de soins intégrés dispensés en équipe. Ces défis constituent des domaines clés pour le renforcement des relations entre les partenaires.
  • La question des données
    Tout le monde est d’accord : pour faire en sorte que les données soient complètes et obtenues en temps réel, le Canada doit renforcer l’ensemble des données sur les cohortes d’étudiantes et d’étudiants, l’attrition et les résultats scolaires, la capacité d’accueil des programmes et les besoins futurs en main-d’œuvre. Le renforcement des données et des flux entre les secteurs a été envisagé comme une solution clé à la réussite.
  • L’importance d’une formation à proximité du domicile
    La formation régionale reste l’un des moyens les plus efficaces de retenir les professionnelles et professionnels, en particulier dans les communautés rurales et autochtones. Il est essentiel de poursuivre les travaux et les discussions sur la manière de soutenir les communautés locales, de consolider les données, de renforcer les systèmes d’enseignement secondaire et de créer des environnements de soins sûrs sur le plan culturel et adaptés au contenu.

Transformer la discussion en dialogue 
Les réflexions ci-dessus réaffirment la nécessité d’améliorer les systèmes partagés, de renforcer les canaux de communication, d’améliorer les données et d’intensifier la collaboration en matière de planification. Une fois les problèmes cernés, la modératrice a encouragé le groupe à imaginer des solutions.  

En imaginant ensemble ce à quoi pourrait ressembler l’harmonisation de la main-d’œuvre en santé avec le secteur de l’éducation en 2045, les personnes participantes ont émis un certain nombre d’idées : 

  • Une collaboration sous le signe de la transparence entre les éducatrices et éducateurs, les planificatrices et planificateurs et les employeurs  
  • Une éducation flexible et accessible  
  • Des systèmes de données véritablement intégrés  
  • Une formation régionale qui soutient les communautés  
  • La prise en compte de l’opinion des étudiantes et étudiants en tant que partenaires égaux

Que faire ensuite? 
Des approches novatrices gagnent déjà du terrain, notamment des cours à double reconnaissance de crédit, des stages cliniques rémunérés et un meilleur soutien aux professionnelles et professionnels formés à l’étranger. Les personnes participantes se sont accordées à dire que ce travail doit se poursuivre et s’enrichir au fur et à mesure que nous nous efforçons de renforcer le lien entre la main-d’œuvre en santé et l’éducation. L’enseignement le plus marquant est peut-être le suivant : il est inutile de réinventer la roue. Il faut construire à partir de ce qui existe, renforcer les réseaux et commencer par des actions progressives et réalisables. 

Le groupe s’est mis d’accord sur plusieurs stratégies claires pour aller de l’avant :

  • S’appuyer sur des modèles de soins interprofessionnels et basés sur le travail en équipe
    Les environnements de formation et de pratique doivent refléter la nature de plus en plus collaborative des soins. Harmoniser les programmes d’études avec les structures existantes de soins dispensés en équipe et encourager les éducatrices et éducateurs ainsi que les employeurs à définir conjointement les compétences qui soutiennent la pratique de la collaboration.
  • Faire en sorte que les parcours éducatifs soient flexibles et accessibles
    Promouvoir les parcours de certification modulaire et progressive qui permettent aux apprenantes et apprenants d’améliorer leurs compétences en gardant leur emploi. Élaborer les modèles d’apprentissage à distance, hybrides et communautaires afin que les étudiantes et étudiants puissent être formés près de chez eux. Envisager des politiques qui réduisent les obstacles financiers et logistiques aux admissions dans les programmes d’éducation en santé. 
  • Utiliser des données intégrées pour faciliter la prise de décision
    Développer des systèmes de données provinciales et nationales partagées qui relient les résultats des étudiantes et étudiants, la capacité d’accueil des programmes et les tendances en matière de main-d’œuvre. Favoriser les accords de partage de données entre les ministères, les employeurs et les établissements d’enseignement. Utiliser des ensembles de données intégrées pour prévoir les besoins émergents en matière de main-d’œuvre et y adapter les programmes de formation de manière proactive.
  • Établir des normes nationales pour les postes de premier échelon
    Créer des compétences de base reconnues au niveau national pour les professions prioritaires. Mobiliser des organismes de réglementation, des éducatrices et éducateurs et des employeurs pour faire en sorte que les normes reflètent à la fois les réalités scolaires et pratiques. Favoriser la mobilité entre les provinces en réduisant les différences dans les exigences de formation.
  • Inviter les planificatrices et planificateurs du domaine de la santé, les éducatrices et éducateurs et les employeurs autour d’une même table
    Les changements concrets se produisent lorsque nous partageons nos connaissances, que nous écoutons attentivement ce que l’autre dit et que nous allons de l’avant, ensemble.
  • Réunir régulièrement les membres de groupes de travail intersectoriels; pas seulement pendant les crises ou les cycles de planification. Communiquer les pratiques prometteuses aux institutions et aux régions afin d’éviter la duplication des tâches. Mettre en place des canaux de communication qui permettent d’aborder de manière proactive des questions, telles que les pénuries de main-d’œuvre ou les lacunes émergentes en la matière.