
La planification de la main-d’œuvre commence par une question simple : quels sont les besoins du Canada en matière de système de santé, et quels effectifs faudra-t-il pour y répondre?
La réponse semble aller de soi. En pratique, ce n’est pas du tout le cas.
Partout au pays, les responsables du secteur de la santé s’efforcent d’améliorer l’accès aux soins tout en réagissant aux pressions croissantes sur la main-d’œuvre. Ils prennent des décisions concernant l’éducation, le recrutement, le maintien en poste, la prestation de services et les nouveaux modèles de soins. Pourtant, il arrive trop souvent que l’information nécessaire pour comprendre pleinement ces décisions se trouve dans différents endroits et systèmes, ce qui rend difficile l’obtention d’une vue d’ensemble.
C’est pourquoi les efforts visant à améliorer la mise en commun et l’interconnexion des renseignements sur la santé sont importants.
Obtenir une vue d’ensemble
S’il est adopté et mis en œuvre, le projet de loi S-5 – la Loi visant un système de soins de santé connecté au Canada –, permettrait aux Canadiennes et aux Canadiens d’accéder en toute sécurité à leurs renseignements sur la santé, aiderait les prestataires de soins à accéder aux données pertinentes des patientes et patients en temps opportun et établirait des exigences à l’intention des fournisseurs de technologies de l’information sur la santé afin d’assurer l’interopérabilité et d’empêcher le blocage des données.
Il s’agit d’un pas important vers l’établissement d’un système de santé plus connecté.
Au fil du temps, un environnement d’information sur la santé mieux connecté, soutenu par des mécanismes appropriés en matière de protection de la vie privée, de gouvernance et d’accès, pourrait également aider les décisionnaires à mieux comprendre le fonctionnement du système de santé et où des pressions commencent à se faire sentir.
Cela pourrait aider à mieux comprendre où les gens ont accès aux soins, où se situent les pressions et les lacunes dans les services, et comment les besoins en santé évoluent au fil du temps.
Il est important de connaître cette information, car la planification de la main-d’œuvre ne se résume pas à dénombrer les travailleuses et travailleurs de la santé. Elle consiste à comprendre dans quelle mesure la taille, la répartition, les compétences et le bien-être de la main-d’œuvre, ainsi que les modes de travail, correspondent aux besoins des patientes et patients, des collectivités et du système de santé réunis.
L’une des possibilités les plus prometteuses consiste à mieux relier l’information sur la main-d’œuvre à celle sur les besoins et la performance du système de santé.
À l’heure actuelle, ces données sont souvent examinées séparément. Au fil du temps, un environnement informationnel plus connecté pourrait faciliter l’examen de questions telles que les suivantes :
- Où les gens ont-ils le plus de difficulté à accéder aux soins, et quels facteurs liés à la main-d’œuvre ou aux services y contribuent?
- Quelles approches en matière de main-d’œuvre contribuent à améliorer l’accès aux soins?
- De quelle façon l’évolution des besoins de la population et des collectivités influe-t-elle la demande de services de santé et de compétences?
- Quels investissements contribuent à renforcer la main-d’œuvre en santé et à améliorer les résultats pour les patientes et patients?
Le travail requis pour y parvenir
La loi en elle-même ne répondra pas à ces questions. Elle ne porte pas non plus directement sur toute l’information relative à la main-d’œuvre nécessaire à la planification. Mais elle pourrait contribuer à créer un environnement propice à une circulation plus sécuritaire et plus cohérente de l’information sur la santé entre les systèmes.
Une collaboration continue entre les administrations, le respect de la vie privée et de la souveraineté des données autochtones, ainsi qu’un cadre de gouvernance clair régissant l’accès à l’information et son utilisation seront nécessaires pour profiter de cette occasion.
Il faudra également une assise de données sur la main-d’œuvre en santé plus solide et mieux intégrée sur la main-d’œuvre en santé – un objectif vers lequel nous progressons grâce à notre stratégie pancanadienne de données sur la main-d’œuvre en santé.
Pour l’établir, il faut disposer de renseignements plus cohérents et comparables sur les personnes qui travaillent, l’endroit où elles travaillent, les compétences qu’elles mettent à contribution, la manière dont les équipes sont organisées et la façon dont la main-d’œuvre s’articule avec les besoins de la population et des collectivités.
Les soins connectés nous font avancer dans cette direction.
Nous savons également que les données à elles seules ne suffiront pas à garantir que le Canada dispose de la main-d’œuvre en santé nécessaire pour soutenir la population, aujourd’hui et à l’avenir. Les soins connectés ne reposent pas uniquement sur des systèmes d’information connectés. Il leur faut également une main-d’œuvre connectée, soutenue par un leadership connecté, une planification coordonnée et une vision commune des besoins futurs.
Effectif de la santé Canada contribue à renforcer ce leadership connecté grâce à plusieurs collaborations pancanadiennes. Nous réunissons les gouvernements, les professions de la santé, les employeurs, les établissements d’enseignement et d’autres partenaires afin d’élaborer conjointement des plans d’action en matière de planification de la main-d’œuvre en santé dans les collectivités rurales et éloignées, tout en renforçant les liens entre l’éducation, la planification de la main-d’œuvre et la préparation à l’emploi.
Il s’agit d’initiatives qui allient les données et les renseignements stratégiques sur la main-d’œuvre nécessaires à une prise de décision éclairée, ainsi que la collaboration requise pour transformer les constats en mesures concrètes.
En reliant les données, les gens et la planification, nous pouvons bâtir un système de main-d’œuvre en santé plus solide et plus résilient. Ainsi, nous pouvons contribuer à créer l’assise en matière de main-d’œuvre dont dépendent les soins connectés et à garantir aux Canadiennes et Canadiens l’accès aux soins dont ils ont besoin, quand et où ils en ont besoin.