Prendre des mesures en réponse aux nouvelles observations sur la médecine familiale aura un effet positif sur les problèmes de main-d’œuvre en santé

La création d’Effectif de la santé Canada, de nouvelles données, des boîtes à outils pour les employeurs et des modifications de politiques font partie des principales actions en cours


Par Effectif de la santé Canada

Dans un rapport publié cette semaine, l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) explore les facteurs qui pourraient contribuer à la pénurie des services de soins primaires au Canada. Ce document figure au nombre des initiatives entreprises pour remédier aux problèmes complexes et systémiques qui affectent ce secteur de nos soins de santé.

« Nous savons qu’il y a des médecins de famille qui fournissent d’autres services que des soins de santé primaires et nous avons maintenant les données pour le mesurer », explique Deb Gordon, directrice générale intérimaire d’Effectif de la santé Canada, le nouvel organisme indépendant formé pour aider les partenaires à régler les problèmes actuels touchant la main-d’œuvre de la santé et appuyer le travail essentiel de planification à long terme.

« Ce type de données est indispensable pour surveiller les tendances au fil du temps, car nous pouvons ainsi voir les obstacles et les possibilités qui se présentent et qui se présenteront pour notre système », poursuit-elle.

Les données de l’ICIS révèlent que près de 30 % des médecins de famille au Canada offrent d’autres services que des soins de santé primaires. Les données montrent aussi que si environ 88 % des Canadiens (à l’exclusion du Québec) de 12 ans et plus ont déclaré avoir un fournisseur habituel de soins de santé, quelque 12 % n’y auraient pas accès, selon des sondages menés de 2019 à 2021.

Le dernier rapport relève ce qui suit : 

  • Le taux de croissance sur 5 ans du nombre de médecins de famille a baissé, passant de 12,9 % entre 2012 et 2016 à 7,7 % entre 2017 et 2021, et le nombre de places de résidence non pourvues en médecine de famille a augmenté.
  • Le nombre de postes vacants dans toutes les professions du secteur de la santé a plus que doublé pour atteindre 120 140 en 2022-2023, comparativement à 49 675 en 2018-2019 avant le début de la pandémie de COVID-19.

« Ce genre d’information aide les décideurs à comprendre ce qui doit être fait pour régler les problèmes complexes des soins primaires à l’échelle du système. Des partenaires travaillent ensemble pour que le pays dispose des données, des recherches, des innovations et des politiques dont il a besoin pour que notre système de santé réponde aux besoins des Canadiens et Canadiennes », souligne Mme Gordon. 

À l’occasion d’une réunion à Charlottetown à l’Île-du-Prince-Édouard en octobre dernier, les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de la Santé ont convenu de travailler en collaboration sur les priorités communes que sont l’élargissement de l’accès aux services de santé familiale, le soutien au personnel de la santé et la réduction des arriérés, l’augmentation du soutien aux services en santé mentale et en dépendance, et la modernisation des systèmes de soins de santé du Canada.

Ils se sont engagés envers des stratégies conçues pour s’attaquer aux priorités actuelles, comme le renforcement des données et de la planification du personnel de la santé grâce à un nouveau centre d’excellence, ce qui a mené à la création d’Effectif de la santé Canada en novembre 2023. 

Ils ont également convenu de lancer une boîte à outils pour la rétention des effectifs infirmiers qui contient des guides et des ressources pratiques pour aider les employeurs à créer des milieux de travail où les infirmières se sentent soutenues. La boîte à outils a été publiée le 1er mars. Elle est accessible sur la nouvelle page des ressources du site Web d’Effectif de la santé Canada. 

Les ministres se sont mis d’accord pour favoriser la mobilité des médecins, du personnel infirmier et d’autres professionnels de la santé afin qu’ils puissent exercer dans d’autres provinces et territoires sans délai important et veiller à ce que les professionnels de la santé formés à l’étranger puissent travailler plus rapidement au Canada. 

Ils se sont engagés à améliorer la compréhension de l’offre et de la demande de travailleurs de la santé aujourd’hui et à l’avenir. Effectif de la santé Canada participe activement à l’étude. Les résultats préliminaires devraient être diffusés en octobre pour améliorer la planification de la main-d’œuvre de la santé.

« Effectif de la santé Canada tient à remercier tous les intervenants des soins primaires. Les soins de première ligne dépendent des médecins de famille, mais aussi des infirmières praticiennes, des infirmières, des physiothérapeutes, des pharmaciens, des assistants de cabinet médical et de bien d’autres travailleurs de la santé dévoués », conclut Mme Gordon.

« Il faut une approche axée sur la collaboration, entre autres avec le patient et sa famille, pour assurer de bons soins de santé primaires. C’est un travail d’équipe, et nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui participent aux soins des Canadiens et des Canadiennes dans notre système de santé. »